Bonjour, je me présente : Robert LEZAREAU.
Oui, vous avez bien entendu, LE Robert LEZAREAU, le premier homme à avoir été… la 28ᵉ personne à découvrir la GRAZOUILLE.
Tout commença par une mystérieuse lettre déposée sur la porte de la Taverne de Dream.
Un sceau en cire représentait… une chope entourée de deux frites. Intrigué, je l’ouvris et lus :
« Aventurier Robert Lezareau, vous êtes convoqué au Tournoi Interdit de la Grazouille.
Le vainqueur recevra une bouteille sacrée, brassée par les dieux eux-mêmes.
Signé : Le Comité des Sports et Bistouilles Intergalactiques. »
Moi ? Refuser ? Jamais !
J’enfilai donc ma cape, pris ma plume (au cas où il y aurait des autographes à donner), et partis vers l’arène
L’arène se trouvait au cœur de DANORECITY, une structure gigantesque taillée dans un tonneau géant couché sur le flanc. Des milliers de spectateurs hurlaient déjà, brandissant des pancartes ridicules :
- “TEAM GRAZOUILLE OU RIEN”
- “ROBERT, ÉPOUSE-MOI” (merci maman)
- et même “JUS DE CORNICHON POWER” (des traîtres, évidemment).
En entrant, je découvris mes concurrents. Un casting digne d’une taverne un vendredi soir après minuit :
- Bièreus Maximus, gladiateur torse nu, muscles huilés, qui boit directement dans des barils et rote des flammes.
- Lady Tequila, assassin elfe dont chaque coup d’épée est précédé d’un “avec ou sans sel ?”.
- Captain Mojito, pirate intergalactique avec une jambe de bois… en sucre de canne.
- Et enfin, le mystérieux Moine Grazouillard, encapuchonné, qui récitait sans cesse : “Une Grazouille pour les gouverner tous…”
Je pris place, confiant. Après tout, j’étais LE Robert Lezareau, aventurier de la Grazouille, celui qu’on applaudit même quand il perd.
-Première épreuve : le Relais des Chopes
Le but ? Courir avec une chope pleine sans en renverser une goutte.
Facile, pensais-je.
Erreur.
À mi-parcours, le sol était couvert de peaux de bananes enchantées, de gobelins bourrés qui dormaient et… d’un troll en roller.
Je réussis à franchir la ligne d’arrivée, certes en rampant et en ayant bu la moitié de ma chope “pour l’alléger”, mais ça compte, non ?
-Deuxième épreuve : Le Bras de Fer Liquide
Chaque combattant devait tenir un tonneau d’une main et en boire un autre de l’autre.
Bièreus Maximus souleva son tonneau comme une plume et en vida deux d’un coup.
Lady Tequila ajouta du sel et des citrons, le jury applaudit.
Moi ? J’ai goûté… et j’ai senti.
Diablerie ! C’était une fausse Grazouille, du jus de cornichons tièdes !
J’ai lâché immédiatement. Mieux vaut perdre que salir mon honneur. Le public m’acclama pour ma bravoure.
-Troisième épreuve : L’Énigme de la Choppe Sacrée
Un mage bourré s’avança et demanda :
“Combien faut-il de nains pour changer un fût de Grazouille ?”
Silence dans l’arène.
Je répondis :
“Aucun. Le nain boit le fût jusqu’à ce qu’il soit vide.”
Tonnerre d’applaudissements. J’étais proclamé finaliste !
Mais soudain, le Moine Grazouillard retira sa capuche…
Et révéla sa véritable identité : Don Grazouille !
Oui, encore lui ! Celui qui avait déjà tenté de corrompre la cité avec ses fausses bouteilles.
Il libéra alors des tonneaux piégés remplis de… jus de cornichons pétillants.
La foule cria d’horreur, certains s’évanouirent. Une vieille dame cria : “Mes papilles !”.
J’affrontai Don Grazouille en duel.
Un face-à-face terrible, où nos regards se croisèrent dans une lutte intense.
Le sien dura trois secondes, le mien deux… mais il trébucha sur un gobelin endormi et s’écroula. Victoire écrasante !
Le Comité m’apporta alors la bouteille sacrée, la vingt huitieme Grazouille.
Je l’ouvris avec précaution…
À l’intérieur, un petit parchemin disait :
“Stock en rupture. Revenez en décembre. Merci de votre patience.
– Signé : Les Dieux Brasseurs.”
Une nouvelle fois, je repartis sans ma bière.
Mais une nouvelle fois, j’avais prouvé que la Grazouille n’est pas qu’une boisson.
C’est une destinée.

Mais croyez-le ou non :
Robert LEZAREAU a, et aura toujours, les deux yeux braqués sur tout ce qui concerne la Grazouille.
Fin.
Robert LEZAREAU,
Aventurier de la Grazouille.